Galériens

Publié le par Laeti

Il était une fois un vieux bateau. Un très très  vieux et très très gros bateau. On avait beau renouveler de temps en temps les matelots, en laissant partir les plus vieux, le bateau n'en demeurait pas plus jeune, et même à certains endroits il commençait à rouiller.


On renouvelait souvent les capitaines, aussi... Tous avaient pour ambition de mener le bateau à bon port, mais la plupart essayèrent de le nettoyer de fond en comble, en espérant améliorer son fonctionnement. L'un d'entre eux trouva la tâche si ardue, qu'il se mit même à confondre son bateau avec un animal préhistorique... Les matelots, habitués à être offensés par leurs capitaines successifs, continuèrent tant  bien que mal à exercer leur métier...

Jusqu'à ce qu'arrive Cap'tain Igloo, froid comme la glace, dur comme la pierre. Son truc à lui c'était de tout changer, partout dans tous les sens, et à toute vitesse, sans tenir compte de l'avis des matelots. Mais ce qu'il avait oublié, comme la plupart des précédents capitaines, c'était de penser aux passagers.

 

Les matelots n'étaient plus assez nombreux pour faire face à tous les besoins des passagers, et à toutes les exigences des agences de voyages. Plus rien n'y faisait, les matelots étaient épuisés, déconsidérés, démotivés. Les plus solides continuaient à faire leur travail, bon gré mal gré... Les plus fragiles se mirent à craquer. Un petit microbe par ci, un coup de blues par là. Certains s'écroulaient même sur le mont du bateau, sous les yeux ébahis des passagers.

 

Les matelots les plus solides durent continuer à travailler encore plus durement, puisque le capitaine prétendait qu'il n'avait plus les moyens d'appeler d'autres matelots à la rescousse. Certains étaient très courageux, véritablement voués à leur métier, s'occupant des passagers le mieux possible avec « les moyens du bord ».  D'autres perdirent à leur tour leur motivation, résistant tout juste pour ne pas sombrer.

 

Les passagers de 3e classe,  les plus jeunes, étaient les moins bien lotis. Le capitaine considérait qu'il suffisait de les parquer dans de grandes salles, en les surveillant de temps à autre, pour qu'ils voyagent correctement. Il avait donc très peu de considération pour les matelots qui s'occupaient de la 3e classe, et songeait même à se débarrasser d'eux au profit de personnel moins qualifié.

 

En 2e classe, il décida de revenir aux méthodes du siècle précédent... ce qu'il avait oublié c'est que les passagers, eux, vivaient avec leur époque et n'avaient plus les mêmes préoccupations qu'au siècle dernier.

 

En 1ère classe il voulut tout modifier, en réduisant le nombre de formules proposées aux passagers, et le nombre de destinations... dans le but de se passer de quelques centaines de matelots.

 

La révolte grondait parmi les matelots, et même parmi les passagers de 1ère et 2ème  classe, les plus à même de pouvoir s'exprimer sur leur inconfort. Certains s'en prirent directement aux matelots, ce qui ne fit qu'aggraver la sensation de chaos.

 

Les agences de voyages étaient inquiètes, et parfois mécontentes de constater que leurs passagers n'avaient pas voyagé  dans de bonnes conditions, certains n'arrivant même pas à destination, d'autres étant détournés sur des destinations qu'ils n'avaient pas souhaitées. Elles se mirent à contacter d'autres transporteurs, qui leur faisaient de belles promesses, parce que chez eux, au moins, le voyage coûtait cher  (gage de qualité ?) et  les matelots ne se rebellaient pas.

 

Le Cap'tain Igloo, décida également de faire appel à du personnel non navigant, et il se mit à en placer un peu partout : pour soigner et nourrir les passagers, et aussi pour diriger les équipes de matelots...



 

Cette histoire n'est pas terminée.
Nul ne sait ce qu'il adviendra des passagers et des matelots. Espérons que malgré tous les changements imposés par le Cap'tain, le bateau continuera à mener les passagers à bon port aussi longtemps que possible.

 


 

Récit inventé par une « matelote » fatiguée, abattue par un virus... qu'habituellement elle aurait surement choisi de combattre à bord, mais qui a finalement accepté de rester à quai quelques jours, pour éviter de faire sombrer ses voyageurs avec elle, voire même de sauter à l'eau...

 

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Publié dans Labeur

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P
mesdames les enseignantes, allez faire un tour là : http://nouveaugrain2sel.canalblog.com/voilà une école qui fait rêver ...
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P
une surprise chez moi ;)
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C
Je suis dans le même bateau... et je dirais que notre grande chance, c'est que nos petits passagers ne sont pas des clients. Même affreux jojos, on les aime !Si on n'arrive plus à les aimer, là il vaut mieux regagner le plancher des vaches.
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J
Effectivement, c'est très bien vu !Ne manque plus que les brèches infligées par ce nouveau capitaine, qui ne déguise même plus son souhait de faire couler notre paquebot...Remets-toi vite pour pouvoir remonter sur le pont et avancer tant bien que mal avec nos passagers !
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M
Soigne toi bien et bon courage.
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