Marcelle
J’ai eu il y a quelques jours la chance d'assister à un des premiers concerts de la toute nouvelle tournée de Jean Louis Aubert.
Je sais que Kaki et Bellzouzou brulent d’impatience à l’idée d’aller l’écouter à leur tour, je ne livrerai donc pas trop de détails sur ce qui s’est passé, à moins qu’elles ne me le demandent… Mais je puis leur garantir qu’elles ne seront pas déçues !
Sans trahir de secret je peux également dire qu’il a chanté pas mal de chansons de son dernier album. Dont une que je trouvais très marrante, et qui s’est révélée être très gaie, très vivante « en live ».
L’histoire d’une rencontre avec femme au prénom pas très branché, une femme qu’il compare à une fée, c’est plein de poésie et d’humour.
Pourtant, en parcourant le net à la recherche d’informations sur la tournée du rocker, j’ai découvert l’histoire de la chanson, racontée par Jean Louis himself, et j’ai réalisé qu’à l’origine elle n’était pas drôle du tout :
À l'hôpital, dans la chambre face à celle de mon père, il y avait cette vieille dame moribonde. Une infirmière m'a expliqué que personne ne venait plus la voir depuis huit mois. Alors, quand je passais devant sa porte, je marquais le pas et lançais « Bonsoir, Marcelle ! », sans que cela la fasse réagir. Les jours ont passé. Et un soir, elle m'a répondu par un petit mouvement de la main. Je me suis approché. Son visage était comme l'image des sorcières dans les livres quand j'étais petit. Ça faisait très peur, le visage de la mort.
Puis son regard s'est éclairé, elle s'est transfigurée et j'ai vu le visage d'une jeune fille semblant revenir du bal. Elle a dû s'en rendre compte, parce qu'elle m'a souri et m'a dit : « Il y a bien longtemps qu'un homme n'est pas entré dans ma chambre. » (Sourire.) J'ai tâché de ne pas pleurer. C'était assez coquin de me dire ça, non ! Je lui ai serré la main, et suis ressorti. Le lendemain, j'ai appris qu'elle était morte pendant la nuit.
(article en ligne ici : http://www.sudouest.fr/2010/11/28/aubert-en-clair-obscur-251608-4608.php )
C’est là tout le talent de l’auteur, de n’avoir conservé que le côté magique de la rencontre, et non la triste fin de vie solitaire de cette dame.
RIP Marcelle.