Dans la dentelle

Publié le par Laeti

Comme je vous le disais, quand je suis passée devant la Cité Internationale de la dentelle et de la mode de Calais il y a quelques semaines, j'ai d'abord été choquée par le luxe qui émane du bâtiment.



A quelques mètres de l'ancienne usine Lu, fermée par Danone il y a quelques années, et très près des nombreuses usines de dentelle fermées les unes après les autres... Non loin non plus des quais sur lesquels errent les migrants quand ils ne se font pas virer par la police.
Calais ville au taux de chômage record, Calais plate-forme de l'immigration clandestine, ouvre un superbe musée à 27 millions d'euros, ça fait désordre... Non que je sois contre les musées, bien au contraire, mais exposer autant de luxe à la face des gens en détresse, je trouve ça limite indécent.

L'inauguration a fait beaucoup de bruit dans la région, et a suscité beaucoup d'enthousiasme. J'ai donc décidé de profiter des jours de gratuité pour me faire une opinion... Et j'ai changé d'avis : je suis ressortie sous le charme.

D'abord le bâtiment. Bon, la façade j'aime pas trop, je l'ai déjà dit. En revanche à l'arrière, on peut admirer le travail de réhabilitation de l'ancienne usine de dentelle, et c'est très réussi. A l'intérieur, les vitraux de couleurs donnent une ambiance très agréable, très chaleureuse. Chaque salle a sa propre atmosphère.




Comme j'étais accompagnée de Numérobis, j'ai choisi de visiter en priorité "l'atelier", parce que je me doutais que ça l'intéresserait plus que la galerie de mode... Dans la première salle des métiers très anciens, et dans la seconde des métiers mécaniques, un technicien s'affaire autour de chacun d'eux, ça n'a pas l'air facile à dompter ces bêtes là.
Mais le plus émouvant n'était pas dans le matériel exposé, mais bien parmi les visiteurs,  venus en famille, avec le grand-père ou la grand-mère en train d'expliquer son ancien métier à ses enfants et petits-enfants.
La transmission, le souvenir, l'hommage à tous ces travailleurs, voilà la raison d'être de ce musée.



Soudain un métier démarre. Le "clac-clac" est reconnaissable. Bien vite le vacarme est assourdissant. Et là, une dame doit consoler une petite mamie, (probablement sa propre mère) émue aux larmes par le bruit de la machine. En la voyant pleurer, en imaginant les années qu'elle a pu passer auprès de ces machines, je suis bouleversée.

Nous avons traversé les autres salles assez rapidement, Numérobis préférant jouer avec les écrans interactifs que  d'admirer les costumes...

Je n'ai pas tout vu mais j'y retournerai !

 



PS : N'étant pas originaire de Calais (mais de Dunkerque) j'ai découvert toute cette partie du patrimoine calaisien grâce à ce musée. J'ai appris, en lisant cet historique, que la présence de la dentelle à Calais, est liée à sa proximité avec l'Angleterre. Qu'au XIXè siècle les pièces de dentelle étaient introduites à Calais en contrebande, et qu'au final un petit malin a fait passer en France un métier à dentelle, et puis d'autres... et c'est ainsi que Calais est devenue une ville dentellière.
Etrangement, 2 siècles plus tard, c'est cette proximité avec l'Angleterre qui fait qu'à Calais, tant d'hommes risquent leur vie pour traverser le Channel...

Publié dans Bonheurs

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coco 21/06/2009 14:39

c'est sûr, j'irai y faire un tour !

Sosso 18/06/2009 22:19

Et bien voilà! On saura où aller la prochaine fois que l'on viendra vous voir ;-)

catherinee 18/06/2009 15:29

très intéressant! ça donne envie d'y aller!