Bon, c’est pas tout ça… se ballader en bord de mer, déguisé en Obélix sous les acclamations des admirateurs c’est bien gentil… mais là il était en train de
manger son pain blanc, Numérobis, parce qu’hier l’attendait un truc nettement moins rigolo : en effet, il avait rendez-vous hier pour une subir une freinectomie labiale.
Petite explication, pour ceux qui (comme moi jusqu’à y a 3 mois) ignorent le sens de ce mot barbare. Si vous êtes chirugien dentiste, ou super calé en
vocabulaire médical, ou encore si vous avez choisi de profiter de votre pause déjeuner pour parcourir la blogosphère, vous pouvez passer au paragraphe suivant… Disons qu’il s’agit de couper le
frein de la lèvre supérieure qui, trop volumineux, provoquait l’écartement de ses dents de devant.
Et oui, mon fils a les dents du bonheur, et on va le charcuter pour ça, pauvre enfant, pourra même plus ressembler à son idole… Non, sérieux, les dents du bonheur c’est bien joli, mais quand les autres dents autour partent dans tous les
sens, y’a pas le choix, il faut gagner de la place là où c’est possible.
Tout de même, en y réfléchissant bien, je me demande si y’a pas eu un bug lors de la fabrication du loustic… on me dit que son frein de lèvre est trop grand et qu’il
faut le couper, alors que quand il était petit c’est celui de la langue qui était trop court, et qui lui a causé des soucis de prononciation… Cherchez l’erreur. Ceci dit y’a bien plus grave dans
la vie, donc en avant pour la freinectomie, dans la joie et la bonne humeur (hum hum)…
Salle d’attente. Jolie maison de maître en centre ville, s’embête pas le stomato… ceci dit l’a oublié l’option déco, ou alors il a choisi le look soviétique des
années 70. Sobriété, sobriété. Et modernité… le fichier clients ? des grands classeurs alignés sur une étagère qui va jusqu'au plafond. L’assistante, armée de son crayon à papier, arbore un
sourire glacial assorti au décor. Youpi.
Numérobis tue le temps. Pour une fois, j’ai accepté qu’il emporte la fameuse boîte magique, celle contre laquelle je lutte depuis plusieurs semaines pour éviter
qu’il n’y passe trop de temps. Mais aujourd’hui il peut. Au moins ça lui évite de tergiverser.
Natacha nous appelle, nous découvrons enfin le lieu des opérations. Le doc est plus souriant qu’elle. Remarquez, c’est pas difficile… Il explique au loustic ce qu’il
va se passer, le bonhomme est confiant, tant mieux. Je me dis que c’est parce que lui, il ne voit pas la demi douzaine d’engins de torture, tous plus pointus et tranchants les uns que les
autres, que le doc est en train d’aligner sur son plateau brillant. Oups.
Attention au départ, début des festivités. Mon loulou a pour consigne de garder les yeux fermés, et Natacha de lui tenir la bouche ouverte. Et moi j’ai le choix de
regarder… ou pas. Donc je regarde, un peu. Mais pas trop. Plus personne ne parle, le doc est concentré, Natacha l’assiste et moi je pense à mon loulou qui doit trouver le temps encore plus
long que moi. Pourrait lui dire un mot ou deux, quand même. Je pense à notre jeune et gentille dentiste qui quand elle utilise la fraise compte à haute voix pour que l’enfant sache combien de
temps ça va durer. Mais pas ici. Soit il sait pas compter, soit il a oublié ce que c’est qu’être un enfant, Monsieur l’austère Stomato.
Pfiou que c’est long. Z’avez pas bientôt fini de lui recoudre la bouche, docteur ? Hum, je ferais p’tet mieux de jouer avec la boite magique, plutôt que de
regarder ça. Il faut tant de fils que ça pour un tout petit bout de lèvre ? me demandez pas combien, j’ai pas réussi à compter, mais je dirais comme disent mes élèves quand ça dépasse
5 : beaucoup !
Ouf, c’est fini. Le doc aide Numérobis à se relever. Il tient le choc mais je sens bien qu’il prend sur lui. Et tandis que le doc m’énonce les quelques petits
précautions à prendre dans les jours prochains, mon loulou décompresse d’un coup. Fallait que ça sorte.
Chemin du retour. La boîte magique remplit à nouveau son rôle de diversion. Elle n’a jamais aussi bien porté son nom… console.
Ca en fait un long billet pour une si petite intervention. Bravo à ceux qui ont lu jusqu'à la fin. Le pire c'est que je n'ai pas fini... suite et fin...demain !
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